Abhörstation Teufelsberg, station d’espionnage américaine abandonnée

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Berlin est connu pour ses lieux désertés, pour ses lieux abandonnés. Il est de plus en plus difficile d’y accéder, parfois même impossible. Ce qu’on aime dans ses lieux abandonnés c’est d’y jouer les aventuriers, d’y découvrir seul le site, d’essayer d’y retracer son histoire. D’y faire des photos, des clichés ou encore de s’y approprier les lieux pendant quelques heures.

Abhörstation Teufelsberg, station d’espionnage américaine Du haut de ses 120 mètres, la Abhörstation Teufelsberg, fait parti de la longue liste des lieux abandonnés de la capitale. Malheureusement il est désormais impossible de s’y balader illégalement, le site est aujourd’hui privé : le site est « double-cloturé », des patrouilles rodent autour et des caméras ont même été installées. Surnommée la « Montagne du Diable » on ne préfère souvent pas s’y aventurer. C’est dommage, ça faisait aussi le charme de ce lieu magique. Nous y étions allée une première fois, équipées comme des chefs pour ce qu’on croyait une aventure. C’est une fois les 20 minutes de marche derrière nous et après avoir fait le tour des grillages et des barbelés que nous nous apercevons que l’entrée coûte 15€ en tarif normal et 8€ pour les étudiants. Oui oui, un site abandonné payant. Et puis, pas donné.

Inconcevable pour nous de payer cette somme. Nous rebroussons chemin, déçues.

Abhörstation Teufelsberg, station d’espionnage américaine abandonné berlin Allemagne  Il nous a fallut quelques semaines et quelques rayons de soleil pour nous en persuader : nous passions à côté de quelque chose. On attrape nos cartes étudiantes et l’appareil photo et nous revoilà à la gare de Grunewald. Comme pour la première fois, nous marchons, nous longeons le Teufelssee avant de grimper le Teufelsberg. Colline artificielle, elle fut érigée par les Alliés après la Seconde Guerre mondiale, avec les gravats provenant de la destruction de Berlin par les bombardements. Érigée par les femmes d’ailleurs, étant donné que les hommes étaient encore au front. Le Teufelsberg ensevelit une université nazie jamais terminée, bâtiment de la faculté des techniques de la défense, voulue en 1937 par Adolf Hitler et conçue par Albert Speer. Compte tenu de sa résistance aux explosifs, il fut décidé de la recouvrir. On estime le volume des gravats utilisés à 12 000 000 m³, soit environ 400 000 bâtiments/habitations. Voilà une belle illustration de l’expression « enterrer le passé ».

Abhörstation Teufelsberg, station d’espionnage américaine abandonné berlin Allemagne  On est arrivées, la politique du site n’a malheureusement pas changé. C’est avec un certain scepticisme que nous tendons l’argent pour la visite. En réponse on nous fait un tampon sur le poignet : signe que nous appartiendrons à un groupe. Les visites se font toutes les heures, on voyait au cours des minutes le groupe grossir et s’entasser derrière la petite table servant de caisse. Mais dans quoi nous étions nous embarquées ?

14 heures. Le guide commence son speech, la visite se fait uniquement en allemand et dure un peu près 2 heures. Il parle, il parle et parle toujours. On fait mine de prendre une photo, le groupe continu devant. On en profite pour s’éclipser. Ah c’est tout de même mieux comme ça. La visite peut commencée.

Abhörstation Teufelsberg, station d’espionnage américaine abandonné berlin Allemagne  Étonnant. Ébaubissant. Surprenant. Époilant. Bien d’autres adverbes encore pourraient définir l’avancé dans ce qui a été l’un des premiers postes d’interception des ondes satellites et des communications en provenance de Berlin-Est. Squatté et resquatté, voilà un site qui ferait le bonheur des photographes. Comme tout lieu abandonné et surtout à Berlin, il est devenu un centre d’art à ciel presque ouvert. Chaque mur est recouvert d’une fresque, d’un graph, d’une trace laissée par un artiste de passage.

Abhörstation Teufelsberg, station d’espionnage américaine abandonné berlin Allemagne  On avance doucement, on a peur de faire la mauvaise rencontre d’un vigile. Personne en vue, on bombarde de photo. On rentre dans d’immenses salles vides, nues de mobiliers, et on ressort par des couloirs sombres peu rassurants. On fait la rencontre étonnante d’un sanglier errant. Il a l’air d’avoir l’habitude de rencontrer des visiteurs sur son chemin. Rien de grave mais quelques frissons quand même.

Abhörstation Teufelsberg, station d’espionnage américaine abandonné berlin Allemagne  On perd rapidement l’orientation. On voyage de bâtiments en bâtiments sans connaître l’utilité de chacun. On pourrait tout imaginer. On rentre par des fenêtres aux vitres brisées, on ressort par la terrasse du bâtiment au passé effacé. Inhabituel. Presque aucun mobilier, seules quelques chaises, sinon des lattes de parquais et des matériaux de construction ayant perdu leur utilisé côtoient le sol des ces salles étonnamment vides.

On se dirige doucement vers les antennes qui dessinent de loin l’Abhörstation. Ce sont ces antennes, avec l’aide de la montagne artificielle, qui ont permis l’élaboration d’une des plus grandes stations d’écoute. Construite par la NSA américaine, ces antennes permettaient la mise sous surveillance des communications du bloc de l’Est et plus particulièrement de la RDA et de l’URSS.

Abhörstation Teufelsberg, station d’espionnage américaine abandonné berlin Allemagne  On prend peur plusieurs fois, on entend des voix, de la musique même. On continu notre chemins en frôlant les murs, telles des prisonnières qui venaient tout juste de s’évader. On monte, on monte et on se retrouve nez-à-nez avec notre groupe. Le guide ne s’aperçoit pas de notre retour, tant mieux. Il est en train de montrer des photos du site pendant son fonctionnement. Il a du mal à garder les curieux en place : la vue est tellement belle.

Abhörstation Teufelsberg, station d’espionnage américaine abandonné berlin Allemagne  Nous ne sommes pas toutes seules : des jeunes talents s’exercent dans l’art du graffitis avec la sono à fond et des braises bien chaudes pour le barbecue. Ils ont intérêt à être inspiré, on les jalouse.

Le guide continu de parler, il explique que l’hiver Teufelsberg se transforme en station de ski. On en profite pour s’évader un cours instant, de profiter de cette vue magistrale seules, d’y faire de belles photos.

Abhörstation Teufelsberg, station d’espionnage américaine abandonné berlin Allemagne  On grimpe, on grimpe. Chaque étage est comme un entrepôt ouvert, parsemé de murs avec graffitis. À chaque étage on s’imagine que c’est la fin, mais un nouvel escalier reprend le devant. Des ascenseurs étaient installés auparavant, ils ne sont bien évidemment plus en fonction, mais c’est drôle de voir cette rampe vide. Les bâches couvrant l’extérieur des coupoles blanches ont étaient déchirées par la force du vent ou par des squatteurs voulant profiter de l’incroyable vue. On atteint enfin le sommet. Epoustouflant. La vue est à couper le souffle.

Abhörstation Teufelsberg, station d’espionnage américaine abandonnéOn dirait 3 impressionnantes balles de golfe posées, simplement. On peut pénétrer à l’intérieur et imaginer les puissants radars d’écoute, les fameuses « grandes oreilles » du réseau Echelon placées là, cachées derrière ces bulles de toile et d’acier. Toutes les gammes de fréquences étaient écoutées. Les techniciens d’écoute travaillaient dans des bureaux sans fenêtres, en haut de ces « tours-antennes », dotés 24 heures sur 24 de lumière artificielle et d’air conditionné. Quel cadre idyllique pour travailler !

On en profite pour faire des photos, on a de la chance il fait beau, la lumière est belle. On entend en bas le groupe commencer à monter. On se précipite dans la coupole pour en profiter pleinement. Le guide n’a pas l’air de s’inquiéter de notre absence. Incroyable. C’est ici, dans ces étranges coupoles banches, que tout professeur de chant devrait s’appliquer à faire chanter leurs élèves. Quelle acoustique ! On se permet une petite chanson en canon pour s’emparer à 200% du lieu.

Abhörstation Teufelsberg, station d’espionnage américaine abandonné berlin Allemagne  On prend notre temps, on rencontre d’autres français dans le groupe. Ils ne parlent pas un mot d’allemand et n’ont rien compris de la visite guidée. Ils nous expliquent que le guide leur a montré des photographies du site pendant plus de 30 minutes. Ils ont l’air déçus. Ouf, nous avons évité de peu cela.

On redescend, cette fois accompagnés du guide étant donné que nous avons fait le tour du site. Il veut encore nous montrer l’ancienne machine qui décryptait les ondes. Il nous explique que les informations recueillies, incompréhensibles pour les techniciens, étaient rassemblées en rapport d’écoute sur papier grâce à ces machines impressionnantes et qu’elles faisaient l’objet d’une première analyse. Celles qui semblaient importantes partaient vers les États-Unis ou l’Angleterre, les autres étaient brûlées sur place avec une autre machine. D’ailleurs, le four alimenté par ces énormes quantités de papier permettait de chauffer toute une partie du bâtiment.

Abhörstation Teufelsberg, station d’espionnage américaine abandonné berlin Allemagne  L’avenir de Teufelsberg est aujourd’hui incertain. Un groupe d’investisseurs avait acheté la colline à la ville pour y bâtir des hôtels et des immeubles luxueux ; il prévoyait de garder la station de la NSA pour en faire un musée de l’espionnage. Le projet Teufelsberg n’a pas abouti et le site est depuis à l’abandon. Avis aux acheteurs !


INFORMATIONS PRATIQUES

   Site surveillé jour et nuit (caméras et patrouilles)
   Prévoir de bonne chaussure pour éviter de se blesser
     Pour s’y rendre : S-bahn Heerstrasse ou Grunewald
     Site internet de Teufelsberg

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« Kölner Lichter », fête des lumières à Cologne

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Samedi dernier, il était temps pour nous de participer à la 14ème édition de la « Kölner Lichter », fête des lumières, au bord du Rhin, à Cologne. À chacun son panier à pique-nique, ses couvertures, ses cartes à jouer et ses livres et magazines, il faut être patient avant de voir les premiers éclats de lumière. Certains ont même été jusqu’à réserver les meilleures places au cours de la matinée pour profiter pleinement de l’événement ! C’est pour vous dire ! Et ils avaient eu bien raison, déjà à 19h00, les bords du Rhin étaient peuplés de spectateurs. D’autres ont préférés acheter un ticket VIP pour être sûr de ne pas rater l’événement ! Le spectacle risque de ne pas décevoir !

« Kölner Lichter 2014 », fête des lumières à Cologne

Nous avons opté pour Rheinpark (rechtsrheinisch), juste à côté du célèbre Tanzbrunnen. Ici, nous avions la vue idéale sur la cathédrale, le « Dom“, sur le Hohenzollernbrücke mais également sur le centre-ville de Cologne. Autre endroit où nous nous sommes promises d’y mettre les pieds pour la 15ème édition, les bastions du côté gauche du Rhin qui offrent une vue imprenable sur le Dom. Encore une fois, ne tentez pas l’impossible, soyez-y avant 19 heures.

C’est à partir de 20h00 tapante que les festivités ont réellement commencées. Le Tanzbrunnen dansait au rythme du célèbre Guildo Horn, chanteur de schlager allemand. Ici tout le monde connaît les paroles, on prend plaisir à suivre les Colognois, à s’inviter à la fête!
Lorsque la nuit tombe et que les 34 degrés commencent à véritablement se faire sentir il est déjà 22 heures passées. On nous distribue des bâtonnets d’artifices à allumer pendant le spectacle.
22h30. Nous sommes prêtes, le compte à rebours est lancé. 9 -8 -7 -6 -5 -4 -3 -2 -1 -0. C’est un feu d’artifice de folie auquel nous assistons. De la musique, une mélodie, un rythme tenu par les explosifs dans un ciel dénue de nuage. Les lumières dansent, on applaudit, on commente, on reste ébahit quelques fois. Émerveillées. C’est parti pour 25 minutes de folie luminaire avec la célèbre Cathédrale de Cologne en arrière plan.

« Kölner Lichter 2014 », fête des lumières à Cologne C’est seulement une demi-heure plus tard que la musique reprend, que le bruit des explosifs renaît – wow. La musique guide le feu d’artifice. La folie reprend pour une 2nd Round, malheureusement un problème technique coupe brièvement le spectacle. Les yeux grands ouverts, la bouche bée, on ne commente plus. On regarde, on contemple. C’est magnifique ! Les 600 000 visiteurs éclairées par les projectiles, la tête penchée en arrière, ont pour un court instant perdu la notion de temps. Les couples profitent de ce moment romantique pour se rapprocher. Quel spectacle!

Presque une heure de feu d’artifice. L’événement a amassé de nombreux spectateurs. Les bouteilles de bières gisent par terre. Le chemin du retour ne va pas être sans difficulté! Le pont Hohenzollernbrücke est fermé, les trains sont bondés, c’est à peine si on peut trouver de l’oxygène. Néanmoins, le 11 juillet 2015 est déjà marqué sur le calendrier. On ne manquera pas la 15ème édition de « Kölner Lichtern ».


Informations:
– Le Kölner Lichter 2015 aura lieu le 11 juillet 2015
Événement Facebook ici

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