Un dimanche à Harlem

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Nous sommes enfin allées à Harlem écouter du gospel dans une église. Depuis le temps qu’on nous répétait que c’était absolument à faire !

Les Etats-Unis ce n’est pas seulement le pays où l’eau-coûte-plus-cher-que-les-sodas. C’est un endroit chargé d’histoire, un endroit où sont ancrées les traditions et où la spiritualité tient une place particulièrement importante. Ce n’est pas en sirotant un Coca-Cola à Time Square que vous vous en apercevrez : l’American Dream efface ces valeurs et déguise la Big Apple en une ville 3.0.

La religion est cependant si présente dans l’espace qu’on parle de « religion civile ». Omniprésente au point de surprendre les européens, habitués à une pratique plus discrète. C’est donc chose courante que de trouver une Bible dans une chambre d’hôtel ou de relever dans le discours du président des invocations à Dieu. Pendant notre court séjour à l’hôtel, nous avons eu le droit à la King James Bible comme livre de chevet.

94227001_160a6cb237_bTerre de refuge qui a su très tôt garantir une large liberté religieuse, les traditions se manifestent aujourd’hui par le dynamisme des églises. On dit que c’est un incontournable, plus étonnant encore que l’Empire !
Nous n’avons pas hésité une seconde, dimanche prochain nous irons à la messe.

Nous y voilà. Le réveil sonne à 5.50 a.m, nous laissant penser que nous avons dormi que dix minutes.

On se questionne sur la cérémonie. Nous ne savions pas trop à quoi nous attendre à vrai dire. Est-ce une reprise de Sister Act ? Un show à l’américaine ? Ou rien de plus extraordinaire qu’une messe européenne ? En tout cas nous avions prévu d’aller à la First Corinthian Baptist Church, la meilleure d’après nos collocs américains, Peter et Brandon.

247039328_c21288c9a7_oPerturbations dans les métros new yorkais, on change de direction et on arrive juste à l’heure pour le spectacle. Mince, nous qui avions prévu 30 minutes d’avance. On arrive devant l’église, pas un chat en vu… que se passe t-il ? Une dame nous accueille gentiment, un bénévole prend le relais et nous place, on se fond au milieu des paroissiens, c’est merveilleux.

Les fidèles sont présents, ils sont vêtus d’habits du dimanche, souvent vintages, avec des robes imprimées des années 1950, des costumes trois-pièces dans le style d’Al Capone, des capelines à voilettes et des chaussures bicolores.

Tout en couleur, tout en spiritualité on se laisse emporter par les prêches du pasteur. On chante, on claque des mains et puis ces voix nous donnent des frissons. Un chœur formidable, un orchestre de gospel bien rythmé, un pasteur qui amuse ses invités, nous avons passé deux heures teintées d’émotion.

Nous pensions être les deux seules européennes dans ce public déchainé. On remarquera pendant la cérémonie qu’un étage est réservé aux touristes. Finalement ça avait du bon d’être en retard!!

new-york-4-spectacles-L-jsi3mQ.jpeg.pagespeed.ce.6jBKXDF-alLa messe continue, on chante, on profite de ce moment de joie et d’allégresse. L’ambiance monte, le spectacle est à son comble. Les bénévoles distribuent des mouchoirs. Certains sont debout, d’autres s’agenouillent, nous n’arrivons plus à suivre. Les pleurs et la transe ne sont pas une légende. Maria, notre voisine est en larme, elle crie « Thank you God, thank you » et noie son malheur dans ses hurlements, ses gémissements. Il nous est facile d’imaginer sa douleur, sa souffrance.

Le chant se termine. Certains des fidèles sont encore en pleure. On a l’impression qu’ils ont laissé derrière eux les malheurs de la vie quotidienne, que ce chant a véritablement effacé les peines de certains. Le pasteur reprend son sermon, il fait référence au chapitre 11, verset 8 de la Bible. Les invités sortent alors leurs portables, leurs tablettes et suivent minutieusement les paroles du pasteur avec. On se regarde, c’est du jamais vu pour nous ! C’est fou à quel point la technologie est ancrée dans les mœurs en Amérique. Maria nous invite à suivre avec elle, on en rigole. Puis, tout le monde se prend dans les bras et s’embrasse selon les instructions du prêcheur.

Et c’est à ce moment qu’on se croirait sur le tournage de Sister Act, on chante « Oh happy day » en souriant et en tapant des mains. Encore un moment magique que nous avons adoré. Doucement les fidèles sortent, une grande partie des touristes a déjà déserté les lieux. On parle encore avec Maria, on lui fait part de notre étonnement mais surtout de notre satisfaction. On quitte finalement la First Corinthian Baptist Church. Il fait beau, il fait chaud, on retrouve certains des fidèles qui nous ont pris dans les bras dans la rue. L’air de rien, ils continuent leur journée. Ils ont sûrement déjà la tête ailleurs.


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À éviter:

–       Réserver un tour monstrueusement cher pour assister à une messe et faire un tour d’Harlem. On vous dirigera vers des églises touristiques !
–       Aller à la messe de 11h45 – c’est envahie par les touristes ! Le monde appartient aux   personnes qui se lèvent tôt
–       Les photographies et vidéos sont interdites
–       Ne pas venir en short, ni en tong – prévoir une tenue adaptée
–       Partir avant la fin de la messe, respecter les lieux – ce n’est pas une attraction touristique mais un lieu saint.

Nos bons plans :
–       Notez bien l’adresse: First Corinthian Baptist – 1912m Clayton Powell Jr Blvd (au coin de la 116ème rue et de Adam Clayton Powell)
–       Messes gospel: le dimanche à 8h00 et à 10h45
–       Site internet: http://www.fcbcnyc.org

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Les Yankees à New York

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En Europe c’est le football mais de l’autre côté de l’Atlantique la situation est tout autre. Ici c’est le baseball qui remporte les honneurs. Aller au moins une fois sur les gradins d’un stade new-yorkais est une expérience inédite, ne serait-ce que pour l’ambiance délirante qui y règne. Nous n’avons pas hésité une seconde et sommes parties assister à ce phénomène épique.

Commençons par le côté pratique de la chose. Pour accéder au Yankee Stadium qui se trouve dans le Bronx, la meilleure façon est de prendre le métro. C’est ce que nous avons fait. Les lignes à prendre sont les B, D et 4 jusqu’à 161st St./Yankee Stadium. Ne vous inquiétez pas, en cas d’hésitation il suffit de suivre les groupes de supporters avec leur t-shirts et casquettes. Une fois arrivée dans le Bronx, le Yankee Stadium est dans votre ligne de mire. Impossible de le rater.

Les Yankees à New York - Yankee Stadium

Avant de vous retrouver face au stade il vous faudra succomber à une rue parsemée de vendeurs de hot dog et autres sandwichs. C’est à ce moment que nous avons réalisé à quel point les caricaturistes européens sont réalistes concernant les américains. Sur ce point du moins !

Çà y est, nous y sommes. Bien organisées nous avions tout prévu. Il ne reste plus qu’à échanger nos vouchers dans l’un des nombreux guichets. Entre nous, ce n’était peut-être pas la meilleure des solutions que de réserver nos places via internet.

Bon plan : On retrouve dans la queue de la billetterie des habitués qui tentent de vous vendre des tickets « au black » et du coup à un prix très intéressant. Ils se font réprimander par les vigiles qui tournent autour du stade mais il vous suffira de sortir de la file d’attente pour profiter de l’offre. Pas d’inquiétude, vous ne risquez rien et vous pouvez en être certain, les tickets vendus sont des vrais. La preuve, un bon nombre de new yorkais fonctionne uniquement comme ceci.

Les Yankees à New York - Yankee StadiumQuoi qu’il en soit, l’aventure continue. On pénètre enfin dans l’antre du stade de baseball de New York, une véritable institution. Petite trotte sous les tribunes. On retrouve nos marchands de glaces, de sandwichs et de hot-dog, ils ne nous lâcheront décidément jamais !

Pour les gourmands : premier petit souvenir à ramener chez soit, votre glace à la vanille servie dans un casque baseball miniature, aux couleurs des Yankees. Charmant.

Après avoir surmonté ces odeurs avec détermination, nous voilà devant nos places respectives. Vu la hauteur des gradins il y a de quoi avoir le vertige. Impossible de distinguer la balle. C’est curieux. À notre grand malheur les places sont prises. On s’informe, on montre nos tickets et nous voilà reparties pour un tour.

Les Yankees à New York - Yankee stadiumOn a pas compris le problème mais nous voilà surclassées. On nous installe des chaises, un parasol : où sommes nous ? Nous n’en avons aucune idée, mais nous sommes bien mieux ici, nous voyons même la balle ! Le match peut commencer.

Le stade se remplit timidement. Pas la peine d’arriver trop tôt, comme pour un match de basket des Knicks au Madison Square Garden, les supporters n’arrivent qu’au dernier moment.

On a le droit à l’hymne américain avant le match. Étonnant pour un match entre deux équipes nationales. Chez nous l’hymne nationale se chante que durant les championnats européens ou internationaux. Le calme ne dure que quelques minutes. Impossible de rester en place, les spectateurs font des va-et-vient pour chercher de quoi se remplir l’estomac.

Les Yankees à New York - Yankee StadiumÀ la mi-temps on se lève, on pose la main sur le cœur pour entonner le God Save America en mémoire des soldats morts lors des campagnes actuelles en Irak et Afghanistan.

C’est à la pause que le spectacle est à son comble. On traîne des filets pour aplanir le terrain sur la célèbre chanson « YMCA » des Villages People. Tout d’un coup les filets tombent au sol, le personnel se transforme en danseur. On lit les lettres YMCA sur les bras. Superbe spectacle !

Le match reprend. Les temps morts s’enchainent, ça peut durer des heures. C’est Brandon, un supporter qui se rend à chaque match qui nous a expliqué : tant que le batteur n’a pas renvoyé la balle, rien ne se passe.

Ils ont sacrément le sens du spectacle ces américains !

Quand y aller ? D’avril à octobre.
Combien ça coûte ? À partir de 15 dollars.

Bon match !

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